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 IV. Paris sous Philippe-le-Bel

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Zébulon
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MessageSujet: IV. Paris sous Philippe-le-Bel   Dim 25 Nov - 19:29

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Le quatorzième siècle.

Le quatorzième siècle est caractérisé par deux grands noms, Philippe-le-Bel et Étienne Marcel ; le premier fit faire à la royauté des progrès considérables et organisa l'administration royale ; le second essaya de faire de la municipalité parisienne une puissance assez forte pour contrebalancer le pouvoir des rois de France.

Philippe-le-Bel, s'entourant de légistes versés dans la procédure et la législation romaines, acheva d'organiser le Parlement, établit des impôts nouveaux et créa une armée royale. C'est malheureusement lui aussi qui, toujours à court d'argent, donna à ses successeurs, en altérant les monnaies, un exemple que ceux-ci ne devaient que trop imiter.

Deux grands faits politiques marquent ce règne : la rivalité de Philippe-le-Bel et de la papauté, le procès des Templiers.

L'Eglise, toute-puissante alors, avait à sa tête le pape Boniface VIII, qui, continuant les traditions de Grégoire VII, rêvait la suprématie temporelle aussi bien que spirituelle. Philippe entra en lutte avec lui à propos d'un impôt sur les biens ecclésiastiques que le pape lui défendait de lever. La lutte se termina à son avantage, en 11107, quand les cardinaux élurent pape un évêque français tout dévoué au roi de France.

C'est pendant cette lutte que le roi convoqua les premiers Etats généraux, en 1302 ; ils siégèrent au Palais. Mais malheureusement le roi se servit des États pour faire approuver ses actes plutôt que pour les associer au gouvernement de la nation.

Origine du Temple.

Les Templiers étaient un ordre de religieux, à la fois moines et chevaliers, qui avaient fondé dans le temple de Jérusalem un hôpital pour loger les chrétiens venus en pèlerinage, et qui s'étaient engagés à combattre les Musulmans. Depuis le règne de Louis VII, ils avaient à Paris quelques propriétés. Leurs biens s'accrurent rapidement, et au siècle suivant, sans parler des terres dans la banlieue, l'établissement des Templiers couvrait tout l'espace qu'on appelle encore aujourd'hui le quartier du Temple. Cet espace est circonscrit par nos rues des Francs-Bourgeois et de Rambuteau, au sud, Vieille-du-Temple et Charlot à l'est, le boulevard au nord, et la rue du Temple à l'ouest.

Le Temple sous Philippe-le-Bel.
Le Temple occupait l'emplacement du marché et du square actuels du Temple. —
1. Bâtiments du cloître. 2. Donjon, qui fut plus tard la dernière prison de Louis XVI.

Ce vaste enclos, en dehors de l'enceinte de Philippe-Auguste, formait comme une ville, et le grand maître des Templiers avait sur ses sujets droit de vie et de mort.

Procès des Templiers.

Philippe-le-Bel ayant épuisé toutes ses ressources pécuniaires, résolut de s'emparer des biens des Templiers. Il obtint, non sans peine du pape Clément V l'autorisation de les poursuivre. Le prétexte invoqué était la corruption des mœurs de l'ordre, les pratiques bizarres et même païennes auxquelles il se livrait. Le procès commença en 1307 ; les juges, choisis par le roi, firent, au moyen de la torture, avouer aux religieux tout ce qu'ils voulurent ; en 1309, il fut solennellement décrété que l'ordre était aboli et tous ses biens confisqués au profit de la couronne.


Le grand maître des Templiers, Jacques Molay, et deux autres grands dignitaires de l'ordre furent brûlés quatre ans après, dans une petite île de la Seine, réunie depuis à la pointe de la Cité, là où se trouvent maintenant le terre-plein du Pont-Neuf et la statue de Henri IV.

Une tradition rapporte qu'au moment de mourir, Jacques Molay aurait ajourné ses bourreaux à comparaître devant le tribunal de Dieu, le pape dans quarante jours, le roi dans une année. Philippe-le-Bel mourut en effet dans l'année même, en 1314.

A pressa mort de Philippe-le-Bel, une réaction se produisit, et l'un des favoris du roi, Enguerrand de Marigny, qui avait géré les finances, fut condamné à être pendu. Il y avait foule, le 30 avril 1315, dans la rue et le faubourg Saint-Denis, pour voir mener au Gibet de Montfaucon l'ancien surintendant des finances. Après l'exécution, son corps resta longtemps exposé à côté des cadavres qui se balançaient au gibet, situé en haut du faubourg Saint-Martin, vers l'endroit où les docks de la Villette forment aujourd'hui façade sur le boulevard extérieur. Les fourches patibulaires se composaient de seize piliers de pierre, hauts de trente-deux pieds, et reliés entre eux par des poutres de bois entrecroisées. A ces poutres étaient fixées des chaînes auxquelles on suspendait les condamnés. Il fut démoli à l'époque de la Révolution.

Collèges.

Au moyen âge, l'État n'était pas organisé d'une façon assez complète pour se charger de donner l'instruction à tous. Les collèges étaient nombreux, cependant, et voici comment : un personnage riche fondait un collège de sa propre initiative ; les revenus qu'il assurait à l'établissement créé par lui servaient à entretenir un certain nombre d'élèves, d'étudiants, qui s'occupaient soit de théologie, soit de sciences mathématiques ou de médecine, soit de littérature. Au lieu de payer, comme aujourd'hui, les élèves étaient, non seulement logés et instruits gratuitement, mais souvent ils recevaient une petite somme pour leurs menues dépenses ; on appelait ces pensions des bourses, et les élèves des boursiers.

Presque toujours les fondateurs des collèges de Paris étaient des personnages ecclésiastiques, cardinaux ou évêques, et, presque toujours aussi, ils stipulaient que les boursiers du collège fondé par eux devaient être natifs du diocèse dont ils étaient évêques. De là beaucoup de noms de diocèses donnés à ces établissements : collège de Lisieux, de Tonnerre, de Cornouailles, de Beauvais, de Reims, etc.

La montagne Sainte-Geneviève — le quartier latin, comme 0n dit encore — fut le centre où se groupèrent presque tous les collèges. Il y en eut de fort célèbres, qui subsistèrent jusqu'à la Révolution : tel par exemple, le Collège de Navarre, fondé en 1304 par la reine Jeanne de Navarre, femme de Philippe-le-Bel ; dans ses bâtiments, ou plutôt à la place de ses bâtiments, se trouve aujourd'hui l'École polytechnique ; tel encore le collège de Montaigu, fondé en 1377, tout près de l'abbaye de Sainte-Geneviève, et qui fut célèbre pendant des siècles sous le nom de maison des Haricots, à cause de la nourriture peu variée qu'on y servait ; tel enfin le collège des Écossais, fondé en 1325 par un évêque d'Ecosse pour des écoliers de cette nation, et dont les bâtiments austères sont restés ce qu'ils étaient, rue du Cardinal-Lemoine, en face de la rue Clovis.

La rue du Cardinal-Lemoine elle-même porte le nom d'un fondateur de collège, Jean Lemoine ; de même aussi la rue des Bernardins où existait un autre collège depuis l'année 1244.

Étuves.

Au quatorzième siècle, il n'existait pas d'établissements de bains comme aujourd'hui : il y avait des étuves — la rue des Etuves, dans le quartier Saint-Martin, en a tiré son nom — qui étaient assez nombreuses et très fréquentées. Ces étuves n'étaient autre chose que des bains de vapeur. Lorsque les étuves étaient chaudes, des gens parcouraient la ville en criant :

Seigneurs, car vous allez baigner
Et estuver sans deslaier (tarder)
Les bains sont chauds, c'est sans mentir.

Quant aux bains froids, on les prenait en pleine rivière, car aucune ordonnance de police n'empêchait ce divertissement, bien que, chaque année, il coûtât la vie à nombre d'imprudents.




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