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 II. Paris sous les Mérovingiens et les Carolingiens.

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Zébulon
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MessageSujet: II. Paris sous les Mérovingiens et les Carolingiens.   Jeu 22 Nov - 18:51

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Invasion d'Attila.

Le cinquième siècle est, pour notre pays, l'époque désastreuse des invasions barbares. La plus terrible fut celle des Huns, conduits par Attila, le fléau de Dieu ; elle jeta la terreur dans toutes les villes du nord de la Gaule.

En 451, l'ennemi était loin encore, et déjà les Parisiens se préparaient à fuir, abandonnant leur ville et leurs biens. Une jeune fille, nommée Geneviève, entourée de quelques femmes vaillantes comme elle, ranima le courage de ses concitoyens et les détermina à rester dans les murs de Paris, leur assurant qu'Attila n'attaquerait pas la ville. En effet, Attila passa sans inquiéter Paris. La légende rapporte que l'enfance de Geneviève s'était écoulée dans le village de Nanterre, où elle était simple bergère. Il est plus probable qu'elle appartenait à une famille de condition aisée, et que ses vertus la rendirent de bonne heure populaire parmi les Parisiens.

Invasion franque ; Clovis.

Vers la même époque eut lieu une autre invasion barbare, celle des Francs, qui soumirent la Gaule ; ils détruisirent pour toujours la domination romaine et plongèrent de nouveau le pays dans la barbarie.

Clovis (481-511) paraît être le premier des chefs francs qui établit sa résidence à Paris, lorsqu'il fut revenu de son expédition contre les Wisigoths d'Espagne.

Cédant aux pressantes sollicitations de sa femme Clotilde, Clovis se convertit au christianisme et construisit sur l'ancien mons Lucotitius — montagne Sainte-Geneviève, — une église dédiée à saint Pierre. Il y fut enterré, ainsi que la reine Clotilde, morte en 545. Geneviève, qui mourut vers le même temps, reçut aussi la sépulture dans cette église, qui prit son nom et le conserva jusqu'à la Révolution.

Le Panthéon a été bâti au dix-huitième siècle pour remplacer la vieille église de la riche abbaye de Sainte-Geneviève.

Paris sous les successeurs de Clovis.

Au sixième siècle, l'importance de Paris continua à s'accroître. Les quatre fils de Clovis, à la mort de leur père, se partagèrent les provinces conquises par lui et décidèrent que le royaume de Paris formerait le lot de l'un d'eux. Le sort le donna à Childebert ; mais, cinquante ans plus tard, en 561, les quatre fils de Clotaire s'en disputèrent la possession les armes à la main. Ils convinrent enfin que Paris leur appartiendrait en commun et qu'aucun d'eux ne pourrait y pénétrer sans le consentement de ses trois frères. On voit par là quelle prépondérance Paris était appelé à prendre sur toutes les autres cités de la Gaule. Dans ces partages, il ne s'agissait pas seulement de la ville même, mais de tout le territoire qui en dépendait et qu'on appelait civitas Parisiorum, cité des Parisiens. Son étendue était à peu près celle du domaine soumis à l'évêque et comprenait autour de Paris un périmètre variant entre six et dix lieues.

Résidences des Mérovingiens.

On a peu de détails sur les résidences parisiennes des rois Mérovingiens. Ce fut d'abord le palais des Thermes, l'ancienne demeure des empereurs romains, et probablement aussi une sorte de forteresse construite à la pointe de l'île sur l'emplacement actuel du Palais de Justice. Mais ils vivaient surtout au milieu de leurs vastes domaines ruraux, qu'on appelait villas. Plusieurs de ces villas se trouvaient dans le voisinage immédiat de Paris, à Reuilly, à Nogent-sur-Marne, à Clichy, etc. C'était ce que nous appellerions aujourd'hui des métairies. Il ne nous est rien resté de ces habitations grossièrement bâties.

Villas mérovingiennes.
C'étaient de simples métairies. Il ne nous est rien resté de ces habitations grossièrement bâties.

Monuments mérovingiens.

Sous ces premiers rois, Paris ne s'enrichit guère que de monuments religieux. Clovis avait déjà construit la basilique de Saint-Pierre ; son fils Childebert voulut aussi s'assurer une sépulture royale dans une abbaye fondée par lui.

Il avait rapporté d'une expédition en Espagne un riche butin pris sur les Wisigoths, notamment des vases sacrés et des reliques d'un saint vénéré au delà des Pyrénées, saint Vincent. L'évêque de Paris, saint Germain, lui conseilla de construire une église où il déposerait ces pieux objets.

Telle fut l'origine de l'église Saint-Vincent. Childebert y fut enterré en 558. Quand saint Germain y eut reçu lui-même la sépulture, en 576, elle prit son nom et devint l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, qui fut bientôt la plus riche de Paris et peut-être de la France entière. Ce nom de Saint-Germain-des-Prés lui fut donné pour la distinguer de deux autres églises: celle de Saint-Germain-le-Vieux, construite dans la Cité, également au sixième siècle, par Chilpéric, et celle de Saint-Germain-l'Auxerrois, qui existe encore et dont le nom indique qu'elle était consacrée à saint Germain, évêque d'Auxerre.

A la même époque existaient encore autour de Paris quelques églises qui se sont perpétuées jusqu'à nos jours :

Saint-Julien, couvent où Grégoire de Tours, le célèbre chroniqueur et évêque de Tours, logea vers 580 ; il est devenu, sous le nom de Saint-Julien-le-Pauvre, une chapelle dépendant de l'ancien Hôtel-Dieu de Paris.

Saint-Laurent, l'église du faubourg Saint-Martin ; — et probablement encore un humble oratoire, élevé sur le tombeau d'un solitaire appelé saint Séverin.

A ces fondations religieuses on peut joindre l'abbaye de Saint-Denis, à deux lieues de Paris. Il y existait une modeste église qui rappelait la mémoire des premiers martyrs parisiens ; Chilpéric y avait fait enterrer un de ses fils, mort en 580. Au siècle suivant, Dagobert la remplaça par un édifice somptueux qui aurait été, si l'on en croit les légendes de l'époque, enrichi d'or et de pierreries et orné des plus belles pièces d'orfèvrerie de son ministre Éloi.

Trône de Dagobert attribué à saint Eloi, conservé au Louvre.


Paris sous les Carolingiens.

Avec la dynastie carolingienne, Paris perdit une partie de son importance et cessa d'être la résidence des rois. Charlemagne lui-même, le grand empereur — 768-814 — y vint peu ; c'est sur les frontières de la Germanie qu'il vécut, et sa vraie capitale était Aix-la-Chapelle.

Paris bénéficia cependant de l'impulsion qu'il donna au mouvement intellectuel. Par ses ordres, son conseiller Alcuin fonda une école qui fut probablement installée au palais des Thermes ; de plus, les abbayes, déjà si puissantes, de Saint-Germain-des-Prés et de Saint-Denis devinrent aussi des centres d'étude pour les moines et le clergé.

Invasions des Normands ; siège de Paris.

Avec le milieu du neuvième siècle commencent les invasions des pirates normands. Deux fois il fallut traiter avec eux et leur donner de grosses sommes d'argent pour les éloigner.

Au mois de septembre 885, les Normands reparurent. La ville était de nouveau renfermée tout entière dans l'île, ce qui facilitait la défense. Les deux ponts étaient garnis de tours. Quant à l'île elle-même, un rempart de pierre en faisait comme un immense château fort.

Eudes, comte de Paris, fils de Robert le Fort, organisa la résistance. A côté de lui et de son frère Robert, étaient venus se placer l'évêque Gozlin, dont le nom a été donné à une rue voisine de l'église Saint-Germain-des-Prés (ancienne rue Sainte-Marguerite), et son neveu Éble, abbé de Saint-Germain-des-Prés, puis d'autres seigneurs encore, tels que le marquis d'Anjou, Hugues l'Abbé, etc.

Lorsqu'en arrivant devant Paris le chef des Normands, Sigfried, vit ces préparatifs de défense, il proposa d'abandonner l'attaque, demandant seulement qu'on lui permît de remonter librement le cours de la Seine. On refusa.

Alors commença ce siège qui devait durer un an — de novembre 885 à octobre 886 — et dont l'histoire est une page glorieuse, parmi tant d'autres, dans les annales de Paris.

Pendant de longs mois, les Parisiens eurent à subir plusieurs assauts, qu'ils repoussèrent victorieusement ; ils virent enfin apparaître l'armée de Charles le Gros sur les hauteurs de Montmartre. Ils s'apprêtaient à faire une sortie, quand ils apprirent que l'empereur venait de traiter honteusement avec les Normands, achetant leur retraite au prix de 800 livres.

Paris, capitale du duché de France.

Ce qu'on appelait alors la France, c'était surtout la région comprise entre la Seine et la Loire. Paris en était le centre, le cœur ; aussi, quand le pays, après la déposition de Charles le Gros, eut à se nommer un roi, en 888, ce fut Eudes, comte de Paris, qu'on élut. C'est à partir de cette date que Paris devint réellement capitale.

A cette époque, les guerres avaient rendu déserts le faubourg de la rive gauche et la montagne Sainte-Geneviève : les Parisiens n'habitent plus que la Cité. Les maisons sont en bois. Quant aux rues, elles ne sont pas nombreuses : l'une est celle qui va du Petit-Pont au Grand-Pont, l'autre conduit de la cathédrale au Palais, devenu depuis notre Palais de Justice ; entre ces deux points, une place assez vaste où se trouvent les maisons des commerçants ; enfin, aux deux extrémités de l'île, que la Seine vient librement baigner, des terrains vagues où paissent les animaux. Tel devait être le Paris d'alors, sur lequel on n'a que très peu de renseignements, car le plan le plus ancien ne remonte qu'au seizième siècle.

Parloir aux Bourgeois.
Il attenait à l'enceinte de la rive gauche, près de la rue Soufflot actuelle

La rive gauche au dixième siècle.

Au dixième siècle, les abbayes de Saint-Germain-des-Prés et de Sainte-Geneviève, si ravagées par les Normands, ont reconstruit leurs murs d'enceinte, réparé leurs églises, et déjà, viennent se grouper sous leur puissante protection de nombreux serfs ou colons, qui en reçoivent une terre à labourer, un champ à cultiver.

Sept de nos arrondissements actuels n'étaient ainsi qu'un vaste champ de culture, s'étendant le long de la Seine jusqu'au pied des collines de Meudon et ne s'arrêtant qu'aux carrières où plus tard se batiront Vaugirard et Montrouge.

Pour tous ces laboureurs, quelques églises se sont élevées, car les abbayes ne sont pas des paroisses et leurs églises ne sont destinées qu'aux moines qui y vivent. De ce nombre est Saint-Étienne-des-Grez, voisine de Sainte-Geneviève, qu'on racheta du pillage des Normands en 857. Cette église exista jusqu'à la Révolution. Elle avait donné son nom à une rue voisine, la rue des Grez, devenue depuis la rue Cujas.

Le Parloir aux Bourgeois.

A côté de Saint-Etienne, un peu au-dessous, était une sorte de forteresse dont les fondations avaient été construites par les Romains et où les principaux habitants se réunissaient pour délibérer sur les affaires de la ville : on l'appelait le Parloir aux Bourgeois ; ce fut le premier Hôtel-de-Ville des Parisiens.

A la même époque la rive droite est fort peu habitée. La région la plus voisine de la Seine est restée couverte de bois, et c'est dans une chapelle appelée Notre-Dame-des-Bois que les fidèles vont honorer les reliques de Sainte-Opportune. Cette même chapelle devint plus tard l'église de Sainte-Opportune, située entre les Halles et la rivière.

Siège de Paris par les Normands.





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